1945 à 1970 : Pinasses pontées de 12 à 16 mètres
Après la guerre les moteurs deviennent de plus en plus puissants, les formes des pinasses changent, plus larges, plus hautes de franc-bord, plus hautes de pavois avec une tonture de celui-ci plus prononcée sur l’avant, et surtout roof moteur et la cabine où se tenait la barre à roue (gouvernail) prolongé en arrière par le poste cuisine avec trappe d’accès au poste d’équipage qui se trouvait en dessous. Elles étaient gréées de deux mâts, le plus grand, de travail sur le tiers avant, le deuxième mât, aussitôt en arrière de la cabine pour y fixer l’antenne radio entre autres.
Du fait de l’évolution du mode de pêche à la sardine, le filet droit, pêche pratiquée depuis plus de trois siècles laisse la place à la bolinche (filet tournant), la transition se fait très rapidement de 1952 à 1957 car les deux modes de pêche étant incompatibles sur un même lieu de pêche, au détriment du filet droit. Mais cela s’est passé pratiquement sans heurt car la pêche à la bolinche dans ses débuts demandait des équipages de 12 à 15 hommes, ce qui fait que peut-être pour la première fois, à ma connaissance, les marins pêcheurs locaux qui étaient pêcheurs de père en fils, virent arriver à la pêche des gens plus ou moins jeunes qui n’étaient nullement du milieu maritime. Si la pêche à la sardine sur un bolincheur, dans les années 55 – 60, l’équipage embarqué était de 12 à 15 hommes, l’hiver, pendant 6 à 7 mois l’équipage retombait à 5 à 6 hommes ce qui fait que pendant presque 10 ans avant l’arrivée du Power-Bloc (sorte de grande poulie, vire filet, mécanique ou hydraulique), il se trouvait de 50 à 80 marins sans emploi pendant la période d’hiver et si la saison de sardine n’était pas bonne, on peut imaginer leur situation. Les jeunes célibataires étaient les premiers débarqués, pour la saison d’hiver, certains se trouvaient un travail périodique à terre, surtout dans le bâtiment. Cela a été une période de bouleversement, de ce fait, beaucoup de jeunes marins quittèrent le métier de marin pêcheur pour la marine marchande, pour revenir à la marine de pêche des années plus tard.